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Les actualités de
Monsieur Légionnaire

Compte rendu de la conférence en présentiel sur «La vérité sur la Justice» du 2 mai 2026 donnée par Madame la Procureure Marie-Claude PENA,

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Justice : le constat magistral de Marie-Claude Pena
L’immense mérite de Marie-Claude Pena, éminente magistrate française, ancienne juge d’instruction, procureur de la République et présidente de chambre correctionnelle est d’avoir prouvé par une ribambelle de constats objectifs que la justice peut aisément s’incarner dans des personnalités comme la sienne. Grâce à son impartialité, à sa droiture et à son égalité d’humeur, grâce aussi à sa liberté de ton, elle a convaincu une assistance très fournie d’anciens combattants et amis de la Légion Etrangère que la justice existe bel et bien en France et qu’elle en symbolise le meilleur profil.
Le pari du président de l’association des anciens combattants et amis de la Légion Etrangère, le lieutenant-colonel Lianos, une nouvelle fois bien inspiré dans son choix d’intervenants de qualité, n’était pourtant pas gagné d’avance ce samedi 2 mai à Marseille.  Car la notion même de justice, comme la perfection, est sujette à caution. Ce n’est pas pour rien qu’on représente souvent la justice par le truchement d’une balance dont les plateaux sont séparés par une aiguille centrale qui ne cesse jamais d’osciller. Car l’égalité parfaite des charges n’existe pas, ce qui revient à dire que l’équité parfaite, quel que soit le cas de figure, n’existe pas non plus. Tout ce que l’on peut dire, en conscience, d’une décision de justice, c’est qu’elle a été «  le plus juste possible ».
 Mme Pena, discrète et avisée, a su se faire entendre de tous grâce à un don pédagogique de transmission de l’information et une voix ferme. Elle a su transmettre à un public conquis et ébloui une certaine idée de la justice, celle dont nul magistrat honnête ne peut se départir lorsqu’il prend en compte ses diverses obligations ainsi que les textes de loi et les traités européens auxquels sont (hélas) soumis les juges. Pardonnez-moi d’être dithyrambique, voire trop élogieux à son égard, mais je vous garantis que Mme Pena a fait l’unanimité, même parmi les plus ronchons, ceux qui s’irritent souvent des décisions incompréhensibles ou mystérieuses de certains tribunaux.
D’emblée, Marie-Claude Pena n’a pas cherché à éluder les interrogations des citoyens qui s’alarment à juste titre du « laxisme » des juges et de leur idéologie de la « réadaptation ». « Souvent, ces réactions émanent de personnes qui ne pratiquent pas la justice au quotidien, explique-t-elle. Le droit pénal n’est pas intangible. Il évolue en même temps que la société. Notre fonction essentielle est de préserver la vie en société et d’appliquer les lois édictées par l’Etat ». Certes. On est passé de la vengeance privée, de la coutume vindicative des clans ou des « familles », à une justice publique agréée par les assemblées parlementaires, mais aussi par les traités européens, la cour de justice européenne, la cour européenne des droits de l’homme, le conseil d’Etat et le conseil constitutionnel dont la seule croyance est celle de la rédemption de tout individu, eût-il coupé en morceaux son père et sa mère. Autant vous dire qu’un texte de loi initial, qui semble opportun par sa sévérité à l’opinion publique, finira en miettes après les examens successifs et les censures de ces doctes aréopages. 
La justice est donc rendue « au nom du peuple français » mais en réalité c’est un vœu pieu. Le peuple est prié gentiment de se taire et de se conformer aux lubies des puissants et au « yoyo » institutionnel des divers ministres de la justice, l’une défaisant ce qu’a fait l’un ou l’autre détricotant ce qu’a fait l’une…On est passé en quarante ou cinquante ans de la religion de « l’expiation », de la fonction « rétributive » et « exemplaire » de la peine à une autre doctrine, sans doute plus dangereuse, celle de « l’excuse sociale générale », c’est-à-dire que l’individu n’est plus considéré comme responsable de ses fautes, c’est la société qui le corrompt en permanence. Il n’est pas non plus responsable de ses « gènes » ni de son hérédité criminelle. 
Résultat de cette vision « rousseauiste » : on ne condamne plus vraiment les criminels, on vise l’utilité sociale de la répression. On ne leur inflige plus aucun châtiment corporel, on essaie d’éviter au maximum leur incarcération et on privilégie toutes les astuces visant à leur « réintégration » au sein de la « paroisse » communautaire. C’est ainsi que la notion de « sanction » et la notion « d’autorité » ont été affaiblies au fil des ans et que l’on se retrouve face à des kyrielles de récidivistes qui ne craignent plus rien de la justice car ils sont assurés par avance de leur impunité dès lors qu’ils présentent un contrat de travail en bonne et due forme fourni par un complice. C’est ce que les magistrats appellent «l’individualisation» de la peine.
Les victimes, elles, souvent injustement traitées ou peu écoutées, sont les dindons de la farce. Elles n’obtiennent que rarement les « compensations » ou les « réparations » auxquelles elles pensaient avoir droit. Nous sommes loin, très loin même, des sanctions « intimidations » du XVIIIème siècle. Un certain « Damien » en 1757, raconte Mme Pena, avait eu l’impudence et l’audace de s’attaquer au roi Louis XV et de fomenter un attentat contre lui. Il fut arrêté et traduit en place de grève pour que le public comprenne bien le châtiment barbare réservé à un « terroriste » : on lui brûla la main droite et on la tenailla, on attacha ses membres à quatre chevaux qui se ruèrent en avant pour écarteler le coupable, on scia les membres récalcitrants et le nom de « Damien » fut banni à jamais du royaume. Evidemment, les spectateurs de ce massacre ont été dissuadés de toute rébellion éventuelle…
A côté de tels supplices, nos peines de prison actuelles ressemblent à des roupies de sansonnet. Mais si l’on veut bien réfléchir, ce n’est pas le quantum de la peine qui compte, c’est la certitude de la peine. Or, les délinquants sont assurés au contraire de la clémence des juges et d’une peine très mitigée au regard des faits commis. Mme Pena n’a pas hésité à donner l’exemple d’un individu condamné en France à dix ans de prison « ferme ». Le bon peuple s’imagine qu’il va rester dix ans derrière les barreaux et que cette sanction exemplaire lui fera les pieds. Eh bien pas du tout. Le juge doit d’abord motiver explicitement son choix de l’incarcération, sinon il se fait retoquer par la cour d’appel qui privilégiera, elle, les peines de substitution. 
Dès son entrée en prison, le détenu sera reçu par un juge d’application des peines qui pourra d’emblée disloquer le jugement et lui accorder six mois de réduction de peine par année d’enfermement, ce qui revient à dire qu’un détenu condamné à dix ans n’en fera jamais plus de cinq, à condition évidemment qu’il se tienne correctement en prison. Oui, vous avez bien lu : le détenu, en vertu de la loi, ne purgera que soixante mois de prison et les soixante mois suivants lui seront octroyés en cadeau. Mais ce n’est pas tout. Le juge d’application des peines – souvent le plus laxiste en général – peut lui faire bénéficier de trois mois supplémentaires par an. Donc au bout de trois ans seulement, le détenu pourra bénéficier d’une libération conditionnelle et…recommencer ses trafics ou autres activités criminelles.
Il est vrai que l’école nationale de la magistrature à Bordeaux est dirigée par une…avocate désignée par Eric Dupont-Moretti, ex-Garde des Sceaux socialiste et lui-même avocat, donc par définition rétif à toute sanction. Imaginez ce que diraient les avocats si l’on désignait un magistrat pour diriger leur formation. Ils crieraient au scandale. Car les deux professions, par essence, sont antinomiques.
Faut-il donc désespérer de la justice ? Non, répond Mme Pena, qui reste optimiste malgré tout. Elle n’a pas pu répondre vraiment à la question initiale du lieutenant-colonel Constantin Lianos : dire toute « la » vérité sur la justice. Elle a dit « sa » vérité et a parfaitement réussi dans cet exercice délicat. Elle a estimé que le rapport du Sénat français de 2025 sur l’extension inquiétante du narcotrafic était très pertinent et que les lois qui devraient s’ensuivre seront certainement efficaces, surtout si elles sont effectivement appliquées par des juges politiques affiliés au syndicat de la magistrature, ceux qui avaient affiché dans leur local le fameux mur des cons où figuraient les noms des victimes les plus meurtries de France. 

En ce qui concerne l’économie souterraine générée par le trafic de drogue, il ne faut pas s’étonner par exemple de voir des restaurants où il n’y a jamais personne et qui demeurent ouverts. C’est simplement que leur fonction n’est pas d’accueillir des clients mais de blanchir des sommes d’argent colossales.  Il en va de même pour les barbiers, les ongleries, les salons de massage ou d’esthétique, les kebabs, les épiceries de nuit qui fleurissent un peu partout. Et les toxicomanes ? Ils ne sont pas vraiment poursuivis. La loi les concernant n’est pas appliquée et les juges se contentent d’une « admonestation » ou d’un « rappel à la loi », ce qui leur fait une belle jambe. Même l’injonction thérapeutique a été abandonnée, faute de soignants et de centres spécialisés. Les toxicomanes sont devenus des « usagers » d’un « produit».

C’est ainsi qu’on gomme un délit en réhabilitant les mots et en faussant leur sens…

La corruption massive ? Mme Pena a affirmé à juste titre qu’elle a toujours existé. Mais les profits des trafiquants sont tels aujourd’hui qu’ils ont les moyens d’acheter des complicités partout : en prison, dans la police, sur les ports, et même parmi le personnel judiciaire et les élus. 
Mme Pena est une femme courageuse. Elle a été menacée de mort lorsqu’elle était juge d’instruction à Marseille et elle a dû être protégée par la police. Un contrat pesait sur sa tête parce qu’elle dérangeait le milieu en place. Mme Pena, procureur à Tahiti, s’est heurtée de plein fouet à un homme surpuissant, surprotégé par les politiques du moment, un certain Gaston Flosse. Elle a réussi, malgré les multiples « conseils » et autres « suggestions » de ses pairs à le faire condamner à la peine qu’il méritait pour « détournement de fonds publics » et abus de biens sociaux.
Voilà pourquoi cette magistrate digne de ses fonctions suscite l’admiration de tous et voilà pourquoi elle a été l’invitée exceptionnelle du lieutenant-colonel Constantin Lianos qui l’a admise et décorée comme membre d’honneur de l’association des anciens combattants et amis de la Légion Etrangère. Bienvenue, chère madame Pena, vous êtes ici chez vous, comme l’était votre défunt mari l’inspecteur divisionnaire Marcel Saverino auquel l’association a rendu un solennel hommage. Si les juges d’aujourd’hui pouvaient enfin comprendre, grâce à vous, que leur vision un peu naïve de la justice est en réalité une école du désordre et de l’irresponsabilité, un progrès décisif serait franchi pour la restauration tant attendue de la tranquillité publique.
José D’Arrigo
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Cérémonie aux Morts à la mémoire de Marcel BENIMELI, Marcel SAVERINO, CES Pierre de ROJOU, et tous les morts pour la France 
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Album photos 

Remerciements de l'organisateur :

 

Celui qui n’est plus ton ami il ne l’a jamais été ! (Aristote),
Tout ce qui n'est pas donné est perdu !
Texte J-N Beverini et photos © Monsieur-Légionnaire
Appeared first inhttps://monsieur-legionnaire.org May 2th 2026
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