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Monsieur Légionnaire

Claustrophobie : la peur du silence

Le Coronavirus ne détruit pas seulement les bronches des malades. Il abat toutes nos certitudes sur la « mondialisation heureuse ». La lutte contre un microbe aussi malin nécessite une pleine souveraineté nationale, sans dépendance stratégique, et une Europe des nations fondée sur une coopération étroite liée à des projets communs utiles pour l’humanité. Franchement, la vaillance de l’euro ou le maintien des critères de stabilité, on n’en a plus rien à faire lorsque la mort rôde à nos portes.

Tous les Européens sans exception s’aperçoivent aujourd’hui que la priorité des priorités, c’est la santé des populations, avant toute autre préoccupation. Qu’est-ce qui nous empêche, par exemple, de prendre à bras le corps les problèmes très douloureux causés par le cancer, la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson ? Pourquoi l’Europe ne s’est-elle jamais attelée à cette tâche ? Parce que nous sommes tous obnubilés par les exigences du capitalisme financier et du Cac 40. 

Il est grand temps de mettre en quarantaine le Cac 40 et d’étendre à l’Europe de nouvelles normes écologiques, une sorte de sobriété nouvelle pour faire pièce à l’hyper-matérialisme de la société de consommation. Tant que l’Europe édictera des règles strictes sur la taille des oursins comestibles dans le golfe de Saint-Tropez, on ne sortira pas de l’auberge…

Le productivisme effréné, l’agriculture intensive en batterie, la bougeotte perpétuelle et le mélangisme ont largement prouvé leurs limites. La transformation de la terre en immense centre commercial, c’est raté. La spirale infernale du « toujours plus » est en panne. Le narcissisme économique des Européens est dans le coma. Les milliards qu’on va injecter dans les membres nécrosés du malade pourront-ils le réanimer ? C’est probable. Mais au-delà des chiffres astronomiques, il faudra d’abord songer à réinstaller notre économie sur un socle souverain, loin de toute aberration bureaucratique et tatillonne, en forgeant un nouveau sentiment de destinée commune à l’intérieur de frontières sûres et protégées pour, vraiment, « faire nation ».

Si nous ne respectons pas ce principe national, ce qui nous pend au nez cet été, c’est une conjonction de catastrophes : sanitaire, financière, économique, sociale, écologique et migratoire. Les progressistes doivent impérativement cesser de déconstruire la nation, la famille, la patrie et de démanteler les uns après les autres tous les services publics qui ont fait la fierté de la France. Car le Corona n’est pas le seul virus que nous allons devoir affronter : il y aura aussi le terrorisme islamiste, le communautarisme, le séparatisme latent, l’écologisme délirant, la débâcle financière, le misérabilisme, l’infantilisme, l’inculture de masse et la préférence étrangère.

Cette contagion de dérèglements liés à l’idéologie diversitaire des progressistes est actuellement sous l’éteignoir du Covid-19, mais le feu couve sous la cendre. Un embrasement général n’est pas à exclure car l’Etat-providence est en ruines et ses zélotes sont déboussolés. Ils devront se rendre à l’évidence : leur Etat-providence est incapable de soigner correctement ses citoyens et de vaincre la pauvreté. C’est tellement vrai que les Marseillais ont envoyé au pays un nouveau signe d’indépendance en prenant fait et cause pour le professeur marseillais Didier Raoult, injustement moqué par ses pairs et par le « scientifiquement correct ».

Ne vous y trompez pas : ce qui s’est passé à Marseille est d’une importance capitale. Au fond, ce qui est en jeu, ce n’est pas tant la chloroquine qu’une affirmation de Marseille-Nation. Marseille a été jadis une république autonome et elle rêve de le  redevenir. La rébellion et l’indépendance sont dans les gènes des Marseillais. Il y a une trentaine d’années, le professeur Roger Luccioni m’avait confié qu’il se verrait bien à la tête d’une liste municipale glorifiant l’indépendance de Marseille et défiant l’Etat central. Son recrutement par Jean-Claude Gaudin en 1995 ne lui avait pas permis de donner corps à son rêve, mais d’autres y songent aujourd’hui. Avec un leader emblématique comme le professeur Didier Raoult qui hurlerait en brandissant le drapeau bleu et blanc de Marseille : « Paris ça suffit ! » (Titre d’un livre époustouflant de feu-Gabriel Domenech ancien rédacteur en Chef du « Méridional La France »).

L’une des vertus du virus est de nous inciter à la sobriété et à la frugalité. On redécouvre, éberlués, que le rôle d’un Etat est simplement d’assurer à ses administrés une bonne nutrition, une bonne santé, une bonne éducation, une bonne sécurité et une bonne justice. Rien de plus. Cet état d’esprit austère devrait nous éloigner de notre frénésie de plaisirs, de désirs et d’envies dont notre langage publicitaire est si friand. Le slameur « Grand Corps malade » le psalmodie fort bien dans sa dernière chanson : « Et si ce virus avait beaucoup d’autres vertus que celle de s’attaquer à nos poumons vulnérables, s’il essayait aussi de nous rendre la vue sur nos modes de vie devenus préjudiciables ? Si on doit sauver nos vies en restant bien chez soi, on laisse enfin la terre récupérer ce qu’on lui a pris, la nature fait sa loi en reprenant ses droits, se vengeant de notre arrogance et de notre mépris ».

Ceux qui croient à une boulimie débridée de sorties et de rassemblements festifs au sortir du confinement oublient que dans notre société viciée l’homme est devenu en lui-même une menace pour l’homme. Une toupie a besoin de mouvement pour tourner, mais elle s’écroule lorsque son ressort est cassé. Les hommes politiques, eux aussi, devront se métamorphoser. Renaud Muselier, Martine Vassal, Yvon Berland et Bruno Gilles l’ont déjà bien compris. Quant à nos gouvernants, il faudra qu’ils cessent d’être les ventriloques de leur propre incompétence. Leurs discours ne doivent plus être assimilés à une musique d’ascenseur, celle dont on a tellement pris l’habitude sur le palier que nous n’y faisons même plus attention…Leurs discours devront être, eux aussi, décontaminés car ils demeurent empreints d’une forte densité virale électoraliste et clientéliste. Et s’ils pouvaient se taire de temps à autre, ça nous ferait de sacrées vacances !

A suivre ….                       

 José D’ARRIGO 

Rédacteur en Chef du Méridional

Source : http://lemeridional.com 

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