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Monsieur Légionnaire

80e anniversaire de la création du Groupe de Chasse Normandie-Niemen

Chers amis,

nous avons commencé nos activités en ce début septembre 2022 par une visioconférence liée au devoir de mémoire dédiée à la création du Groupe de Chasse Normandie-Niemen.

En effet, il ne s'agit pas seulement de l'histoire mais d'une glorieuse épopée !


Compte rendu écrit de José d'ARRIGO :

Remarquable conférence du général Jean-Paul Andreoli sur l’escadrille Normandie-Niemen

Les anciens se souviennent vaguement d’un film de Jean Dreville, sorti en 1960, intitulé : «Normandie-Niemen» qui racontait l’histoire glorieuse d’une escadrille franco-russe durant la seconde guerre mondiale. Il s’agit des exploits d’un groupe de chasse, devenu régiment de chasse, qui s’est battu avec succès contre l’Allemagne nazie de 1942 à 1945.

Evoquer aujourd’hui cet épisode militaire est aussi une sorte de performance anachronique en raison des torrents de propagande antirusse qui inondent la quasi-totalité de nos médias. Le général Jean-Paul Andréoli a parfaitement su relever ce défi et expliquer par le menu les prouesses aériennes et les hauts faits d’armes de ces soldats français qui ont refusé d’abdiquer face à Hitler et ont choisi d’aller se battre contre l’ennemi en s’alliant aux soldats de l’aviation russe.

Ces résistants de la première heure étaient considérés comme des déserteurs par le gouvernement de Vichy, donc passibles de la peine de mort et, à la fin de la guerre, ils sont passés du statut de proscrits à celui de héros. Chaque premier septembre depuis la Libération, la France et la fédération de Russie célébraient avec éclat l’anniversaire de la création en 1942 de ce régiment Normandie-Niemen, mais cette année la manifestation du souvenir a été annulée. Seul l’escadron de l’armée de l’Air et Espace équipé d’avions Rafale et basé à Mont-de-Marsan a célébré le 21 juin dans un cadre franco-français le mémoire épique de l’unité la plus titrée de l’armée de l’air française.

C‘est ainsi que s’effacent les pages les plus glorieuses de notre histoire nationale sur l’autel de la « realpolitik » et sur les choix des responsables de notre politique internationale. Disons-le clairement : nos amis du peuple russe sont devenus aujourd’hui des diables infréquentables en raison de la guerre russo-ukrainienne. Il a donc fallu beaucoup d’audace au lieutenant-colonel Constantin Lianos pour proposer aux membres de l’association nationale des anciens combattants de la Légion Etrangère une visioconférence sur un sujet forcément polémique parce qu’il est susceptible de déranger la doxa dominante sur la diabolisation du peuple russe et de ses dirigeants actuels. La tâche confiée au général Jean-Paul Andréoli était donc extrêmement délicate mais il a su rester très objectif, très neutre, sans montrer la moindre acrimonie envers quiconque. La conférence du général Andréoli a su retracer avec tact et intelligence les origines et les opérations spectaculaires de cette unité aérienne binationale soutenue à la fois par Staline et De gaulle.

Allons plus loin : si le lieutenant-colonel Lianos a enregistré les propos historiques – tous vérifiables et incontestables – du général Andréoli, il faudrait en proposer le contenu à nos jeunes lycéens et étudiants qui pourraient en tirer profit et s’extraire un peu de la propagande actuelle qui voudrait à tout prix nous faire détester des hommes qui ont combattu à nos côtés contre les nazis et sont nos frères d’armes. Ils étaient communistes ? Ils étaient Staliniens ? Et après ? Les nôtres étaient gaullistes, farouchement gaullistes, ils appartenaient aux commandos de la France libre. Si la France est aujourd’hui un pays relativement libre, c’est aussi à ces hommes qu’on le doit et nous ne devons jamais l’oublier, même si ce devoir de mémoire bouscule les rapports de force dictés par notre gouvernement et auxquels nous devrions nous soumettre sans sourciller.

Il ne faut pas croire que cette unité aérienne des forces françaises libres devenue régiment de chasse en 1944 s’est constituée sur des roulettes : rien n’a été facile dans un pays enneigé, froid, où les Français n’avaient quasiment aucun repère. L’armée française, dans une situation morale et matérielle désastreuse venait de perdre en sept semaines la « drôle de guerre » et les soldats nazis ont envahi le pays sans coup férir. De nombreux soldats français ont refusé cette humiliation nationale et se sont rebellés contre le régime de collaboration avec Hitler. Pour eux, les ordres de Vichy étaient devenus à la fois illégaux et illégitimes comme l’ont fort bien expliqué le général Andreoli et le lieutenant-colonel Lianos. Dès lors, ils ont pris le risque de sacrifier leur vie sur l’autel de leurs convictions pour le salut de la France.

Staline savait depuis longtemps que l’objectif secret d’Hitler était d’attaquer la Russie et il avait signé avec la France en 1935 un traité « d’assistance mutuelle » pour faire face à cette éventuelle agression. Or, les interventions nécessaires des deux pays face aux nazis étaient rendues impossibles en raison de l’hostilité du gouvernement français à l’égard des « bolchéviques ». Et si Staline a signé avec Hitler le pacte germano-soviétique c’est uniquement un accord tactique destiné à gagner du temps en raison de l’incapacité de l’armée russe à soutenir un combat de grande ampleur contre les armées allemandes, mieux préparées, mieux organisées et infiniment plus puissantes. Durant ce laps de temps, Staline a déménagé derrière l’Oural la plupart des installations industrielles qui faisaient la richesse de l’union soviétique.

On se souvient du contexte français et des mots de Pétain consécutifs à la débâcle :« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui de cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi les moyens de mettre un terme aux hostilités »

. Ce message date du 17 juin 1940 et le lendemain le général lançait depuis Londres l’appel du 18 juin. La France venait de se fracturer durablement entre les « résistants » et les « collaborateurs ».

Dans ce climat de division et de renoncement, des Français se sont levés pour se battre sans se soucier le moins du monde de l’appartenance des uns au « bolchévisme » et des autres au « capitalisme ». C’est leur vocation commune à restaurer la liberté et à ne pas sombrer sous le joug hitlérien qui a fait la grandeur, la force et la vaillance des volontaires de l’escadrille Normandie-Niemen : en l’espace de trois ans seulement, ces gaillards invincibles ont effectué 5240 missions aériennes et ont enregistré 273 victoires homologuées, ce qui revient à dire qu’ils en ont obtenu plus du double contre la chasse allemande.

Il a fallu pour cela que les Français se familiarisent avec les avions russes, les « Yaks », avec une météo irascible, « le blanc, partout le blanc » », avec des conditions souvent épouvantables. Il a fallu aussi qu’ils apprennent à « jouer collectif » eux qui avaient tendance à jouer leur partition en solo. Ils étaient 98 au départ et 42 sont morts au combat. Lorsqu’il a appris que les aviateurs de l’escadrille Normandie-Niemen avaient abattu 40 Messerschmitt BF 109 allemands en une seule journée, Staline leur a aussitôt accordé le statut de « régiment de chasse ». Bilan : 4500 heures de vol et 870 combats aériens recensés. Instersbourg, Stalingrad, Koursk, Koenisberg, Dantzig…Et l’on voudrait aujourd’hui oublier ces héros ? Les effacer de l’histoire de France ?

Ce curieux mélange d’ouvriers et d’aristocrates au service du même idéal de liberté a fait entrer dans la légende l’escadrille Normandie-Niemen, nom d’un fleuve russe qui se jette dans la Baltique après avoir traversé la Lituanie. La plupart d’entre eux ont été abattus par les Allemands dès qu’ils étaient extraits de leur appareil. L’un d’eux, Maurice de Seynes, a connu une avarie en vol et a reçu l’ordre de s’éjecter en parachute. Il ne l’a pas fait. Ce jour-là, il transportait en effet dans la soute à bagages de son monoplace son mécanicien russe, Vladimir Bielozoub pour le ramener à sa base. De Seynes a refusé de se sauver afin de sacrifier sa vie en même temps que celle de son camarade de combat. Que gloire soit rendue à l’esprit chevaleresque de tels soldats qui font honneur à la France.

Le Commissaire-en-chef Jean-Noël Bévérini, dans sa brillante conclusion, a su avec talent leur rendre l’hommage qu’ils méritaient et qu’ils mériteront à tout jamais, n’en déplaise à nos gouvernants actuels et à leurs fâcheux trous de mémoire !

José D’Arrigo


Lien album réalisé par le Lcl Christian SABATIER

Lien du récit de notre voyage (du 1er au 12 septembreet des honneurs rendus aux Héros de Normandie-Niemen le 3 septembre 2019 matin à Moscou

Mes vifs remerciements au Général Jean-Paul ANDREOLI, sa présentation mérite en effet, d'être vu et écoutée par les fossoyeurs de l'histoire de France et être dans le programme de nos écoliers.

Merci aux participants et en particulier à nos membres résidant à l'étranger.

Mes remerciements également au Dr Stéphane SEMENOV qui est intervenu en direct de Moscou pour nous remercier pour cette brillante action dans le cadre du devoir de mémoire et aussi se rappeler de nos meilleurs souvenirs de notre passage avec deux cérémonie à Moscou le 3 septembre 2019 matin.

Le lien d'enregistrement et code d'accès de cette visioconférence sont envoyés qu'aux membre de notre association, à utiliser qu'à des fins personnels. 

Lcl Constantin LIANOS
Ancien Légionnaire-officier à titre étranger. Président-fondateur de Monsieur Légionnaire, de l'AACLE, ANACLE et ses réseaux.

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Apparu en premier sur https://monsieur-legionnaire.org le 3 septembre 2022
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