250° anniversaire de la naissance de Napoléon

 

Une exposition du Souvenir Napoléonien à la mairie des 2° et 3° arrondissements

  

 

Marseille : mardi 5 novembre 2019… fin d’après-midi –

Parvis de la cathédrale

 

Un couple de touristes japonais sortant d’une visite de la Cathédrale de la Major s’adresse à un homme à l’allure fort respectable se trouvant devant le perron de la mairie des 2° et 3° arrondissements : 

-       «  Pardon monsieur, pouvez-vous nous indiquer … »

L’homme en question est le président du Souvenir Napoléonien, le docteur Jean-Baptiste Renucci, qui se fait un plaisir de renseigner ses interlocuteurs et ajoute :

-       « Je vous précise que se tient ici-même une exposition consacrée à Napoléon à l’occasion du 250° anniversaire de sa naissance. Je vous invite … »

-       « À Napoléon I° » s’exclame le couple !

-       « Oui, à Napoléon I° » reprend le président, à peine étonné.

 

10 088 kilomètres séparent le Japon de Marseille ! Napoléon est né il y a deux siècles et demi ! L’Empire du Soleil Levant conserve la mémoire du Premier Empire français ! 

 

 

Une assistance sous le charme impérial 

 

Devant une assistance serrée tant elle est nombreuse dans la grande salle d’honneur de la mairie, le président Renucci rappellera cet événement « japonais » lors de son discours d’inauguration. 

 

Madame Lisette Narducci, maire de secteur, toujours rayonnante, le lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Légion étrangère Marseille Provence (ANACLE),  Monsieur Daniel Becker, président de l’UDAC 13,  le général Michel Foudriat et le colonel Gilbert Larsen entourent le président qui n’eût aucun mal à démontrer l’aura toujours vivante, toujours présente, toujours parlante de celui qui fut, non seulement, l’unificateur de la France après la violence et la Terreur de l’époque révolutionnaire, mais aussi le plus brillant chef et stratège militaire que la France ait connu, le réformateur des Institutions, le fondateur d’une France nouvelle et déjà l’initiateur d’une future Europe.

 

 

La légende n’est pas à développer ici tant elle a fait le tour du monde. Nous retiendrons cette phrase du « Petit caporal » devenu maître de l’Europe et rappelée par le président :

 

-       « Pour faire un général, il me faut 10 ans ; pour faire un préfet, une signature ! »

 

Et l’assistance acquise d’applaudir généreusement.

 

Quelle soirée d’inauguration ! Les présents à leur tour pourront dire : « Nous y étions ».

 

Le masque mortuaire de l’Empereur …

 

Madame Narducci, chaussant, élégamment, les « bottes impériales » du président Renucci, invitait chacune et chacun à admirer l’exposition où tant de souvenirs, de tableaux, d’objets, de représentations, de mémoires sont présentés. Ici, le masque mortuaire de l’Empereur ; là, le boulet qui tua à Wagram le cheval que montait le général dont je vous laisse découvrir le nom … Dans la même vitrine le superbe et étonnant tonnelet du cantinier Bachelet, de la Grande Armée, 3° division,  mort pendant la Campagne de Russie. Des reliques rares à admirer.

 

Il serait autant irréaliste que présomptueux de vouloir décrire la richesse de cette exposition : il faut s’y rendre. Croyez-moi, je sais que dès ce soir on en parle au Japon … à 10088 kilomètres de Marseille.  

 

Jean Noël Beverini

 

Un hommage à madame Denise Renucci

 

« Il n’existe pas de grands hommes sans une femme admirable ». Le commissaire de la marine et membre de l’ANACLE Jean Noël Beverini se plut à rappeler cette phrase de l’Empereur en s’adressant à madame Denise Renucci, épouse du président. Dans les si nombreuses manifestations, conférences, célébrations, voyages organisés par le Souvenir Napoléonien, l’épouse du président, telle un chef d’état-major aussi discret qu’efficace, préside aussi, auprès d’une équipe de passionnés, aux destinées de l’Association au blason frappé d’un « N » majestueux et d’un aigle aux ailes déployées.

 

Le Cre en chef Jean-Noël BEREVRINI au micro, Mme MC RAUUMET et le Lcl Constantin LIANOS 

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Madame Marie-Claire Raulet, aussi fidèle au Souvenir Napoléonien qu’à l’ANACLE Marseille-Provence, remettait alors, avec le lieutenant-colonel Constantin Lianos à ses côtés, à Madame Denise Renucci un bouquet « aux couleurs impériales ». Sous les applaudissements et le sourire des deux amies, le commissaire, jamais en mal de paroles, expliquait que le jeune et sympathique fleuriste de la Place Castellane, tout en composant son bouquet lui précisait avoir passé ses derniers congés d’été à Austerlitz et au château de Schönbrunn … Du Japon aux allées du Prado: même passion impériale …  

 

En 1769 naissait Napoléon Bonaparte qui deviendra en 1804 l'empereur Napoléon 1er. En cette année 2019, 250 ans plus tard , nous commémorons cette événement essentiel dans l'histoire de France mais aussi dans l'Histoire de l'Europe. Il fut et demeure incontestablement le Français le plus célèbre et le plus admiré du monde. Il fut un pacificateur qui parvint à unir, dans l'intérêt de la France , les Français de toutes opinions après la violente période révolutionnaire. Il fut un réformateur qui travailla dans l'intérêt du pays et dont l'oeuvre civile est encore très présente dans nos institutions. Il fut le chef militaire le plus brillant de son temps. Ses victoires constituent certaines de plus belles pages de notre histoire militaire. Vaincu exilé, il sut faire naître la légende qui inspira les plus grands écrivains, artistes, intellectuels au XIXème siècle et qui fit rêver les français jusqu'à nos jours. On ne peut comprendre la France d'aujourd'hui sans connaître son oeuvre et son action. Tel est l'objectif que poursuit le Souvenir Napoléonien avec cette exposition.

 

Les trois génération de la famille RENUCCI

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Nos remerciements :

Le docteur Jean-Baptiste RENUCCI a chaleureusement remercié Madame Lisette NARDUCCI , Maire du 2ème et 3ème arrondissements de Marseille, conseillère départementale de Bouches du Rhône pour son aide très appréciable pour la réalisation de cette très belle exposition. 

Les élus présents à ce vernissage, le personnel de la Mairie 

Toute l'équipe qui a travaillé pour le montage et la préparation de l'exposition 

Le Commissaire en chef Jean-Noël BEVERINI, 

 

Les visites furent nombreuses au cours de la journée, on notait au vernissage la présence des nombreux élus

 

 

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Le Col Gilbert LARSEN et M. Daniel BECKER

 

Rappel heures de visite du 4 au 11 Novembre 2019 de 9 à 18 H 00

Lieu de l'exposition : Mairie des 2ème et 3ème Arrondissements - 2, Place de la Major - 13002 - Marseille

 

Dossier complet en pdf

Lien siège du Souvenir Napoléonien 

Lien délégations Souvenir Napoléonien

Délégation régionale PACA - Dr. Jean-Baptiste RENUCCI : 42, Quai du Port - 13002 Marseille

Tél : 06 81 64 82 69 - Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

C'est avec un immense plaisir et une grande joie que les membres de l'AACLE s'associent dans l'organisation de cet événementiel exceptionnel de la cité phocéenne. 

Cette magnifique exposition est restera en place jusqu'au 11 Novembre inclus comme proposé par Mme Lisette NARDUCCI le 5 Novembre au cours du vernissage.

Un grand merci au Commissaire en chef Jean-Noël BEVERINI qui a tenu venir à cette magnifique exposition malgré ses terribles souffrances dues à une sciatique !

Lcl Constantin LIANOS, Président ANACLE et membre du Souvenir Napoléonien. 

 

EXIT LE DRAPEAU BLANC À FLEURS DE LYS

LA MARINE REÇOIT UN PAVILLON TRICOLORE

 

Un drapeau né d’une cocarde

 

En ce sens l’origine du drapeau tricolore de la France est originale : c’est une cocarde qui a enfanté un drapeau. La cocarde révolutionnaire de 1789 (terme issu du mot coq)  a précédé le drapeau. Cette cocarde tricolore répondait, en s’y opposant, à la cocarde blanche arborée par les royalistes. Reprenant le Bleu et le Rouge de la ville de Paris, elle inclut le Blanc de la monarchie sur l’initiative de La Fayette, alors commandant la Garde nationale. L’ordre dans lequel les couleurs sont alors placées est très difficile à savoir : tantôt le rouge est à l’extérieur du cercle, tantôt à l’intérieur. Le « lancement » de la cocarde est marqué par une période de flou, plusieurs solutions étant adoptées sans que l’on puisse précisément établir une chronologie aboutissant à la configuration : bleu en cercle intérieur, blanc au centre, rouge en cercle extérieur.

 

Un drapeau blanc qui existait depuis Louis XIII et Richelieu

 

Le drapeau blanc de la royauté frappant la poupe des vaisseaux du Roi remontait au règne de Louis XIII et de son ministre Richelieu. Le roi décida alors d’unifier la marine du royaume. Auparavant, en schématisant, chaque province maritime possédait sa marine, son amiral et son « pavillon » : marine gasconne, bretonne, provençale … Avec le Cardinal : une seule marine royale. Un seul et unique pavillon royal blanc. 

 

Cette longue tradition « tombe à l’eau », la Révolution faisant table rase du passé.  Par un décret du 24 octobre 1790 la décision est prise de faire porter par les bâtiments de guerre et de commerce français un pavillon tricolore bleu, blanc, rouge. Comment le nouveau pavillon est-il reçu par la marine ?

 

Accueil ou refus ? Une nouvelle marine : celle de la Nation

 

Autant que l’on puisse le savoir le nouveau pavillon tricolore de 1790 ne suscite ni répulsion, ni enthousiasme. Les marins favorables aux idées nouvelles acceptent naturellement ce nouvel emblème. Ceux qui ne les partagent pas, comme les officiers royalistes à bord des vaisseaux, ne semblent pas alors adopter de réactions hostiles. Il en ira différemment en 1793 lorsque Toulon se livrera aux Anglais : les forces royalistes avec l’amiral Trogoff reprennent le drapeau blanc. Après la reprise du Port par Bonaparte, les bateaux français qui appareillent avec les anglais arborent toujours le pavillon blanc. 

 

 

Un nouveau pavillon pour une nouvelle marine 

 

Le fait de modifier en 1790 le pavillon national de nos vaisseaux est loin de se limiter à un changement de couleurs. En réalité, le message est lourd de sens. La nouvelle marine n’est plus « la marine d’avant », la marine des « ci-devant ». Le nouveau pavillon annonce et illustre le baptême (civil) d’une nouvelle marine, celle de la Nation qui remplace la marine ancienne : celle du Roi. Tout change. Le pavillon tricolore est le « drapeau » de cette révolution des fondements. La Nation rayonne aussi sur mer comme sur terre. 

 

L’épisode de la Restauration

 

Outre le soulèvement de 1793,  Louis XVIII rétablira le drapeau blanc de 1814 à 1830. C’est à cette époque, plus qu’en 1790, qu’un véritable débat s’instaure sur la « couleur » du drapeau national. La période correspond au retour sur le territoire des ci-devant rentrant d’émigration. 

 

Aujourd’hui chaque matin

 

Depuis  1830 les Trois couleurs sont l’emblème national. Chaque matin sur tous nos vaisseaux le pavillon est salué lors de la cérémonie des Couleurs :

 

-       « Attention pour les Couleurs »

 

Que vous soyez à bord ou à terre, civil ou militaire, jeune ou moins jeune, homme ou femme,  à l’annonce de ce commandement sur nos bases navales, tous s’arrêtent, rectifient la tenue.

 

- « Envoyez ».

 

Cre en chef Jean Noël Beverini, membre de l'AACLE de Marseille - Provence 

 

Propos recueillis par le Lieutenant-colonel Constantin LIANOS auprès de notre académicien et poète Jean-Noël BEVERINI

 

Marseille, le 22 octobre 2019

 

VIVE LA FRANCE !       

  

16 Novembre : 4ème Colloque littéraire annuel de Monsieur Légionnaire - de 14 à 18 H 00, 

Vernissage d'exposition d’un peintre aux armées - Exposition des matériel, conférences...

Intervenants :  

Monsieur Jean-Michel VERNE avec le thème "Les Juges en Corse" suivi des questions réponses et dédicaces,

 Professeur José D'ARRIGO avec le thème : « l'Empire du politiquement correct » suivie des dédicaces et du cocktail dinatoire. 

Safe the date !

 

ORGANISATION DU COLLOQUE 

 

Plan des lieux  Bus 47 et 48 

 

1 - Parking des véhicules

Dans les rues annexes du Quartier du Trioulet

2  - Hébergement 

2.1Hébergement des conférenciers : néant.

 

2.2. Hébergement en hôtels civils : La réservation et le règlement sont à la charge de chacun.

 

3 - Cocktail dinatoire :  

3.1. Le déjeuner du 16 Novembre 2019 midi : libre 

3.2. Les membres et amis qui souhaitent amener un salé ou un sucré sont les bienvenus

3.3  Le traiteur livrera le cocktail dinatoire à 17 H 30.

3.4Règlement : il est à effectuer obligatoirement lors de l’inscription avant le 12 Novembre 2019

3.5. Service : le service sera assuré par des membres bénévoles

3.6. Nettoyage : le nettoyage sera assuré par une femme de menage rémunérée par l'association.  

 

4 – Accueil et Transport : L'accueil sera assuré par les Vices-Présidents 

 

5 – Couverture Photo 

      ·  Par le Lcl Bernard MEYRAN et tous ceux qui souhaitent prendre des photos numériques 

6 - Informations complémentaires :

·                  La tenue AACLEMP et civile correcte est de rigueur.

·                 A l'entrée il aura deux portants (vestiaire) tenue éventuellement (membres de l’association).

 

7 – Sécurité – Filtrage – Accès à la salle de conférence  :

 

     · Le Capitaine Jean-Paul GIORGI, Major STEVENAZZI, et Monsieur Roland LANDRE, sont chargé de la sécurité et du filtrage.

       L’équipe sécurité équipée de brassards jusqu’à la fin de l’activité. Ils seront aidés par des membres volontaires.

 

8- Poste de secours et soins de première urgence :

 

·              Le Docteur Jean-Paul BRESSIN prendra comme d’habitude sa trousse médicale . 

 

9- Mise à jour cartes de membres :

 

·         Après un contrôle par Madame GOMEZ-BASQUEZ (trésorière) .

 

10 - Compte rendu José d'ARRIGO, couverture photos Lcl Bernard MEYRAN 

 

11- Livres des auteurs intervenants :

ils sont transportés par le Président et les invendus seront rendus au Libraire habituel de l'ANACLE 

 

12 - Assurance couvrant l'événementiel : GMF Sauvegarde 

 

13 – Boutique La boutique sera assurée par une Dame volontaire 

 

    Cravates avec flamme à  15 € pièce

    Cravate réglementaire à 10 €

    Livrets de chants à 5 € pièce

    Insignes ANACLE à 5 € pièce

    Bérets verts à 15 € pièce   


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 Texte et photo Constantin LIANOS © Monsieur-Légionnaire  

 

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Les Guerres du Sahel des origines à nos jours

Bernard Lugan : une conférence magistrale ! 

du Mercredi 9 Octobre 2019

Bernard Lugan a fait une magistrale conférence ce mercredi matin à Marseille sur les guerres du Sahel, titre de son dernier livre. Le sujet était pourtant aride, par définition, mais M. Lugan a su captiver l’assistance durant deux heures en s’appuyant sur des cartes d’état-major qu’il a abondamment commentées avec l’appui logistique du lieutenant-colonel Constantin Lianos.

Il serait présomptueux, ici, de vouloir synthétiser les propos de ce grand connaisseur de l’Afrique qui a su éclairer les anciens combattants de la Légion étrangère et les membres du cercle algérianiste sur les enjeux vitaux des guerres africaines. Les récentes attaques contre l’armée malienne et celle du Burkina Faso prouvent l’amplification des conflits et un changement de mode opératoire avec un essaim de motos catapultées sur l’ennemi. Ce qui est totalement nouveau. Que peuvent faire les soldats français engagés dans l’opération « Barkhane » face à cette myriade d’activistes djihadistes qui n’ont de cesse que de les harceler ?

 

 

Pas grand-chose en vérité. Car les Français ne sont pas très nombreux et leur mission principale ne consiste pas dans l’éradication de ces prurits de fanatiques violents mais, plus modestement, dans des opérations de balayages ou de nettoyages aériens visant à rendre inconfortable la présence des djihadistes au Sahel, c’est à dire dans une zone africaine immense s’étendant de la Mauritanie à l’Erythrée, en passant par le Mali, le sud-Sahara, le Niger, le Tchad et le Soudan Nord et Sud.

« Nous n’avons pas les moyens nécessaires pour régler les problèmes qui se posent aujourd’hui au Mali, au Tchad, au Burkina Faso, a indiqué M. Lugan, même si nous disposons de moyens aériens qui nous permettent de neutraliser l’avancée de certaines colonnes agressives vers le sud ». Et puis nous payons très cher aujourd’hui les frontières artificielles dessinées par la colonisation. Il s’avère que ce qui compte le plus en Afrique, ce sont les tribus (Peul ou Toubous,  par exemple), les chefferies, les clans, les confréries, les sultanats, les familles dont la solidarité est sans faille. Les limites entre les Etats n’ont aucun sens pour les Africains. Pour faire cesser les multiples conflits qui ensanglantent aujourd’hui le continent africain, il faudrait faire un rêve inaccessible : celui de redessiner les frontières actuelles des divers Etats du Sahel en fonction des appartenances des populations aux multiples tribus et clans. C’est quasiment impossible.

L’approche démocratique occidentale, celle du recours à des élections libres, est aberrante dans la plupart de ces Etats du Sahel où règne depuis des lustres la loi du plus fort. Là-bas, le peuple ne respecte pas le vœu du plus grand nombre, il respecte la volonté du plus fort. Celle du vainqueur. Les Maures, les Touareg, les Toubous, et les Ifoghas, vivent le plus souvent de razzias exercées sur les sédentaires du sud.

« Partout en Afrique, à l’échelle du village ou de l’oasis, écrit Bernard Lugan, on retrouve la même stratégie : des nomades viennent pacifiquement et demandent l’autorisation au chef local de s’installer. Elle leur est accordée. Après des années de vie commune, ils parviennent à anéantir leurs hôtes par ruse. Au bout d’un temps, la tribu étrangère a fini par conquérir un certain nombre de villages et s’est créé un territoire propre où les paysans lui reconnaissent une autorité supérieure et lui payent un tribut. » Si l’on remplace le mot « villages » par le mot de « quartiers » dans cette appréciation de Bernard Lugan, avouez qu’il y a de quoi frémir pour l’avenir…de la France !

Ce système « d’alliance-dépendance » où le plus faible devient tributaire du plus fort est une constante des guerres du Sahel. L’ennui, avec les frontières artificielles de la colonisation, c’est que les anciens prédateurs et leurs anciennes victimes sont condamnés à vivre ensemble sur le même territoire.  D’où les soulèvements successifs des Touaregs puis des Toubous en 1963 et 1965…

Avec l’aridité et la péjoration du climat, qui poussent normalement les populations vers les territoires plus verdoyants du sud, c’est l’effrayante courbe de la démographie africaine (7,1 enfants par femme au Niger…) qui annonce des catastrophes environnementales, économiques et sécuritaires pour l’Afrique des années 2050. Comment voulez-vous que le Sahel, aux ressources très limitées, puisse nourrir plus de 200 millions d’Africains et que la famine n’entraîne inéluctablement une migration mélano-dermique gigantesque en direction de l’Europe ?

 

Imaginer que l’on puisse créer en Afrique des Etats entièrement musulmans, entièrement catholiques ou entièrement animistes est une utopie. Ils sont trop mélangés partout. Les fanatiques de l’Islam ne sont pas responsables directement des conflits actuels. L’Islam est surtout le cristalliseur et le révélateur de luttes interethniques et il agit, écrit Lugan « comme une surinfection des plaies ethniques ». Sans compter la « guerre des gangs » à laquelle on assiste au Mali avec l’apparition de groupes armés à base tribale qui veulent leur part de marché dans le gigantesque trafic international de haschisch et de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe via le Bénin, le Mali, le Nigeria et la Guinée Bissau. Et ne comptez pas sur l’Europe pour faire cesser ces trafics, l’argent généré est largement redistribué, en particulier pour financer certaines campagnes électorales…

 

 

Comme la puissance des armées régulières des pays du Sahel est égale à zéro, seule une intervention forte de l’Algérie, après la déstabilisation catastrophique de la Libye de Khadafi par Sarkozy, pourrait constituer un début de solution à la crise. Encore faudrait-il que l’Algérie règle ses problèmes internes et ne nous demande pas en échange de ses bons offices d’apporter un soutien moins indéfectible au Maroc dans la Sahara occidental…En vérité, la France ne pèse plus très lourd en Afrique. Elle y a abandonné tous ses bastions stratégiques au profit d’autres puissances (Djibouti, Birau) et elle se croit toujours détentrice d’une dette politique et morale envers ses anciennes colonies qui lui obnubile le jugement.

 

Les affrontements actuels ne sont que la résurgence de ceux de l’époque précoloniale. Une guerre ne règle jamais définitivement les problèmes. Elle ne fait que les annihiler puis ils reviennent encore et toujours à la surface…Le grand mérite du lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’association nationale des anciens combattants de la Légion Etrangère et de M. Jean-Louis Hueber, président du Cercle Algérianiste est d’avoir invité un professeur génial qui s’exprime sans la moindre langue de bois et dit les choses au lieu de les transformer en euphémismes pour étudiants lobotomisés. Bravo donc et merci professeur Bernard Lugan qui a su nous raconter les guerres du Sahel et leurs conséquences tragiques prévisibles à moyen terme en Europe.

 

 

 

 

 

José D’ARRIGO.

 


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 Texte et photos © Monsieur-Légionnaire  

 

Les conférences de Constantin Lianos, président de l’ANACLE et de l'AACLEMP
Stéphanie Gibaud : une femme exceptionnelle 

Stéphanie GIBAUD et Constantin LIANOS 

Ceux qui ont eu la chance d’assister samedi 14 Septembre 2019 à Marseille à la conférence donnée par Stéphanie Gibaud sur « la traque des lanceurs d’alerte » ont été séduits par cette jeune femme qui a dénoncé les magouilles de la banque UBS au sein de laquelle elle travaillait. Grâce à elle, le tribunal correctionnel de Paris a pu condamner début 2019 cette banque suisse à une amende de 4,5 milliards d’euros pour « démarchage bancaire illicite » et « blanchiment aggravé de fraude fiscale ». 

Elle s’est élevée avec succès contre la corruption généralisée et la puissance phénoménale de ces « banques systémiques » dont les Etats sont devenus des vassaux obéissants. Aux Etats-Unis, où le fisc sait rémunérer ceux qui lui font gagner de l’argent, elle n’aurait eu aucun souci à se faire pour son avenir puisqu’elle aurait encaissé une prime de dix pour cent des sommes qu’elle a permis à l’Etat de récupérer, soit la bagatelle de…0,45 milliard d’euros, un montant d’une telle ampleur que je suis incapable de vous préciser exactement s’il équivaut à 45 millions d’euros ou à 450 millions…

Rien de tel en France où les précieuses informations distillées par Stéphanie Gibaud ont été payées d’une éclatante ingratitude : pas un centime. Tintin. Nada. Non seulement elle n’a rien obtenu, mais elle a été socialement broyée par la connivence occulte entre l’Etat et les banques. Elle a été harcelée, acculée à la démission, traitée en paria, en réprouvée, en pestiférée. Elle en est à son huitième procès en justice…pour avoir crié haut et fort la vérité sur les magouilles bancaires d’UBS. 

Elle élève seule désormais ses deux enfants dans des conditions précaires et a dû vendre son appartement à Paris, faute de salaires. Plus aucun employeur ne veut de Stéphanie Gibaud, dont le CV est pourtant très flatteur. Elle fait des conférences partout en France mais ses propos sont filtrés ou occultés par l’éteignoir médiatique. Tel est le destin tragique des lanceurs d’alerte dans le pays des droits de l’homme et du citoyen en 2019. Grâce au lieutenant-colonel Constantin Lianos, président de l’association nationale des anciens combattants de la Légion Etrangère, Stéphanie Gibaud a pu s’exprimer totalement et librement durant deux heures devant deux cents convives ébahis, sidérés, parce ce qu’ils entendaient, ce qu’ils apprenaient, ce qu’ils subodoraient…

Comment cette jeune femme spécialiste des relations publiques qui s’est évertuée à organiser des événements destinés aux riches clients d’UBS et à ceux qui avaient les moyens de le devenir a-t-elle pu sombrer ainsi en pleine dépression ? Comment cette professionnelle du marketing, opérant avec succès à Roland Garros, a-t-elle pu, à son insu, favoriser l’évasion fiscale des grandes fortunes du pays en organisant des soirées sur mesure pour ces cols suisses voulant paraître plus blancs que blancs. C’est le récit d’une trajectoire infernale. Brutalement, Stéphanie Gibaud est devenue « persona non grata » :elle a été isolée, placardisée, dégradée. On l’a soudain chargée de l’encadrement des hôtesses d’accueil, de la décoration florale et de l’achat du matériel de cuisine. Ses archives informatiques ont mystérieusement disparu de ses fichiers. On a « nettoyé » son ordinateur. Stéphanie, trop droite et intègre pour devenir un « agent double » au service du fisc français, a sombré corps et biens.

Mais elle ne s’avoue pas vaincue. Dans ses deux livres « La femme qui en savait trop » et « la traque des lanceurs d’alerte » elle fait le récit détaillé de son incroyable descente aux enfers. Elle découvre que le siège d’UBS en Suisse est un « aspirateur à cash ». On lui fait comprendre qu’elle pourrait quitter la banque avec un gros chèque. Elle refuse. Alors on va la déposséder de ses fonctions pour l’amener à démissionner. On va la « déshumaniser », la traiter comme un vague courant d’air. Berner, cacher, occulter, dissimuler, inventer, duper, abuser, flouer, leurrer, mentir : « la direction d’UBS prend vraiment ses collaborateurs pour des pigeons », écrit sans ambages Stéphanie Gibaud. 

Il y a ceux qui connaissent les combines financières et préfèrent s’en accommoder, ceux qui connaissent les combines et ferment les yeux, ceux qui connaissent les combines et ne veulent pas les cautionner. Ceux-là subissent brimade sur brimade jusqu’à épuisement psychologique et destruction mentale… L’objectif de la banque, fait observer Stéphanie Gibaud, n’est pas de franchir la ligne jaune, mais, plus subtilement, de ne pas être prise en flagrant délit d’illégalité. Autrement dit, il suffit que la surface financière de ces établissements soit très importante pour que les Etats, confrontés à leurs dévoiements, ferment les yeux à leur tour.

« Lanceur d’alerte un jour, pestiféré pour toujours », écrit Stéphanie. Les employés de la banque qui refusent de se laisser museler s’exposent au blocage de leurs promotions, au refus de leurs éventuelles mutations, à des rumeurs sur leur intégrité ou leurs compétences, bref à un calvaire sans fin. Le plus difficile à admettre finalement, c’est que le droit français protège la corruption. On affiche une volonté « ferme » de lutter contre la fraude et on laisse faire. Les relations incestueuses entre les hommes politiques de premier plan et les grandes banques empêchent tout recours à l’éthique démocratique. Comme le souligne l’ex-procureur Eric de Montgolfier, « si l’on s’attend à ce que ceux qui ont mis en place le système le changent, nous ne sommes pas près d’y arriver ».

Peut-être faudrait-il songer à une coalition européenne des lanceurs d’alerte car ce sont des missionnaires de vérité qui risquent leur carrière, parfois leur vie professionnelle tout entière dans leur hasardeuse entreprise de révélation publique des abus. Comment récupérer les 1000 milliards annuels de fraude fiscale au sein de l’Union européenne ?  Pourrait-on octroyer à ces hommes et femmes exceptionnels de courage et d’honnêteté un statut « d’aviseur », comme celui dédié par les Douanes. Nous sommes loin du compte. Si un ministre du budget en poste est capable d’annoncer la main sur le cœur qu’il lutte contre la fraude fiscale alors qu’il possède lui-même des actifs financiers non déclarés en Suisse et dans d’autres paradis fiscaux, c’est qu’il est certain d’être intouchable. Peut-être cette impunité va-t-elle cesser après l’incarcération de Patrick Balkany. Mais il y a gros à parier qu’il demeurera l’arbre qui cache la forêt des magouilles secrètement admises…partout en Europe.

José D’ARRIGO -

 

 

 

Déjeuner-débat 

 

Les prochaines conférences 

 


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 Texte José D'ARRIGO photos Bernard MEYRAN et auditeurs © Monsieur-Légionnaire