Le Festival « Edmond Rostand » et l’AACLE Marseille-Provence :

un partenariat exceptionnel de culture et d’amitié.

 

                                                                                  Jean Noël Beverini

                                                                                  Membre de l’AACLEMP

 

 

 

Au moment où va se clore le Festival Edmond Rostand, imaginé, conçu, fondé, réalisé et soutenu tout au long des mois par son président, Thomas Sertillanges assisté de son épouse Kathia, il convient de faire le point sur cette extraordinaire manifestation à laquelle l’AACLE Marseille-Provence est intimement liée. L’AACLEMP et son président le lieutenant colonel Constantin Lianos ont, en effet, accompagné le Festival depuis son origine, que ce soit à Marseille ou à Paris avec constance et enthousiasme. 

 

Du premier avril 2017 au 30 novembre 2018

 

Date anniversaire de la naissance d’Edmond Rostand, le 1° avril 2017 marquait la remarquable réhabilitation de la tombe de la famille Rostand au cimetière Saint-Pierre. À la suite de cette véritable et émouvante « ouverture » du Festival, l’AACLE Marseille-Provence, à l’occasion de « L’envol de la Marseillaise » joué dans la Cour d’honneur de la préfecture des Bouches-du-Rhône le 16 juin 2018, fournissait d’imposants bataillons de participants pour ce rappel et cette mise en valeur de l’action patriotique d’Edmond lors de la Première Guerre mondiale. Le lieutenant colonel Constantin Lianos se rendait également à Paris pour la seconde représentation délivrée avec un égal succès au Lycée Carnot.

 

Même implication de l’AACLEMP le 23 septembre suivant pour la représentation de « La Samaritaine », œuvre de Rostand, en l’église Saint-Laurent, donnée par Daniel Mesguich et sa troupe, accompagnée à l’orgue par Philippe Gueit, sur des partitions de Gabriel Pierné et … Alexis Rostand et une adaptation de Thomas Sertillanges, homme aux mille talents.

 

 

 

 

 

 

 

Faut-il reparler du « Procès de Cyrano » déjà évoqué dans nos compilations et où l’AACLEMP et son président applaudissaient à la fois la défense et les parties civiles, l’avocat général et le Président du Tribunal en la personne de Thomas Sertillanges, sans oublier … Cyrano, époustouflant Édouard Dossetto ? 

  

Le 9 octobre à l’Alcazar, dans le cadre d’une rencontre du Comité du Vieux-Marseille au cours de laquelle le président du Festival évoquait la vie et l’œuvre de Rostand, le lieutenant colonel Lianos et le commissaire de la marine Beverini étaient, de façon tout à fait inattendue, invités à monter sur scène pour participer à la « Tirade du nez », extraordinaire moment de Cyrano.  

 

Et le 30 novembre 2018

 

Aussi, après de telles participations, n’était-il pas étonnant que l’AACLEMP soit à nouveau présente pour le dévoilement de la Plaque consacrant le square jouxtant la maison natale de Rostand à son nom. La salle du Centre Cormier des Dominicains, option mauvais temps retenue en raison du risque de pluie, était malgré ses dimensions, trop petite pour recevoir l’ensemble des participants. Accueillis par Fr. Albert-Henri Kül O.P. Directeur du Centre Cormier, tous ces passionnés applaudissaient chaleureusement Thomas Sertillanges retraçant la vie, l’œuvre et la dimension nationale et internationale du poète, homme de Lettres et académicien mais encore le rôle de sa famille qui, dans les domaines de l’Industrie, du commerce, de la finance et des Arts a tant apporté à Marseille. 

 

Remerciant l’ensemble des acteurs du Festival dont, en particulier, madame Anne-Claude Carta, présidente du Comité d’intérêt de quartier Haut Breteuil Paradis Edmond Rostand Rome, et les descendants de la famille Rostand, et après avoir rappelé que, de même que derrière Edmond Rostand il y avait une femme, son épouse Rosemonde Gérard, derrière le Festival il y avait également une femme, son épouse Kathia, le président en compagnie de M. Yves Moraine, maire des 6° et 8° arrondissements, représentant M. Jean-Claude Gaudin, dévoilait la Plaque dénommant officiellement le square au nom d’Edmond Rostand. 

 

Édouard Dossetto qui avait déjà enchanté les spectateurs lors du Procès de Cyrano, à nouveau présent, épée au côté et plume au chapeau, présentait, plus qu’avec brio, avec panache, une « Tirade du nez » propre à « tirer » des rires d’admiration, des larmes d’émotion et des applaudissements de remerciements.

 

Dans le hall du 14 rue Edmond Rostand, immeuble de naissance d’Edmond et sur le mur duquel sont apposés les médaillons d’Eugène (père) et d’ Edmond, messieurs Storione, puis Pierre Echinard et Gérard Detaille, de l’Académie de Marseille, évoquèrent à leur tour le poète avant de rejoindre le 11 de la rue Saint-Jacques pour un cocktail qui, loin d’être une clôture, réservait encore une surprise, non seulement avec la présence de M. Jean-Claude Gaudin, mais l’envoi d’une pièce en vers de Jean Noël Beverini, drapé dans une grande cape noire à chaîne dorée, intitulée : « Une Place Edmond Rostand à Marseille … », plagiant la « Tirade du nez » de Cyrano. (voir ci-après)

 

Fierté pour l’AACLE Marseille-Provence

 

L’AACLEMP et son président, le Lieutenant-colonel Constantin Lianos, peuvent être fiers d’un tel accompagnement du Festival et, à n’en pas douter, nous serons nombreux à visiter et admirer l’exposition à l’Alcazar ouverte à partir du 5 décembre et que Thomas Sertillanges consacre évidemment à … Edmond Rostand.

 

Rendez-vous donc à l’Alcazar, le panache que La Légion partage avec Cyrano sera présent. 

 

   Une Place Edmond Rostand à Marseille

            Plagiat : oui merci !

 

Non content de savoir son nom déjà porté

Par une grande rue où il fut enfanté

Voilà que ce Rostand ose aujourd’hui prétendre

À s’adjoindre une Place, la place est bonne à prendre,

En lui donnant aussi le nom de sa famille

Et surtout son prénom, autant que cela brille !

Un peu de modestie, monsieur, modérez-vous

Vous êtes … vous avez … vous êtes, entendez-vous,

Vous êtes … prétentieux … 

 

                                   « C’est un peu court jeune homme !

On pouvait dire … Oh Dieu ! … bien des choses en somme… »

Agressif : moi, monsieur, ce n’est pas une Place

Que j’aurais réclamée mais le nom d’un palace.

Interrogatif : mais, le lieu est-il connu

Pour n’être pas perçu comme un simple inconnu ?

Descriptif : avez-vous tracé le périmètre

Du coin de cette terre que l’on dit vous promettre ?

Pour un homme honoré par une Académie

Ne craigniez-vous pas qu’il soit un peu petit ?

Universitaire : poète tel que vous

Cela ne rime à rien et ne vaut pas trois sous

Que d’avoir une Place ! Une université

Pouvait seule suffire pour vous féliciter.

Religieux : grand Dieu, c’est une cathédrale

Qu’il eut fallu donner pour couvrir de son châle 

Votre nom sanctifié, le seul né du berceau

Des lettres et des arts, des livres et des mots !

Sous les voûtes sacrées les fidèles en masse

Auraient supplié Dieu qu’il vous bénédictasse.

Curieux : compterez-vous le nombre de badauds

Qui lèveront leur nez en regardant si haut

Pour lire votre nom inscrit sur une plaque ?

Cavalier : une Place ? Tudieu, cela s’attaque

À coups de mousquetons et aux sons des canons.

Lyrique : il y faudrait quelques jeunes garçons

Et deux ou trois soubrettes donnant quelques chansons.

Emphatique : exigez que tout nouveau passant

S’incline avec respect, chaque fois franchissant

L’abord de votre Place sous peine d’une amende.

Dramatique : un juge a t-il ordonné qu’on pende

En ce lieu des brigands, oiseux et pauvres gueux ?

 

Tendre : des amoureux vont échanger leurs vœux

Sous votre nom, monsieur, en se tenant la main

C’est le plus beau tableau que l’on ait jamais peint.

Pessimiste : ici bas tout passe et tout trépasse

D’ici quelques années que sera votre Place ?

 

« Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit

Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit »

Pour contester le choix de ce lieu retenu

Qui jouxte cet endroit qui est déjà ma rue.

Je n’ai rien demandé, ni ma rue, ni ma Place

On me la donne ici ; je la prends avec grâce

Si mes vers ont laissé ici bas quelques traces

Si le temps a passé sans qu’il ne les efface

Alors le vrai bonheur que j’ai pu apporter

À mon lecteur, monsieur, en l’ayant enchanté

Vaut bien ces souvenances et quelque renommée.

La mémoire survit quand l’homme reste aimé.

 

   

                                 xxxx

                                   xx

 

Enfin pour terminer, permettez-moi ici

Devant ces gentes dames et ces nobles amis

De saluer bien bas et d’honorer bien haut

Celui en qui s’unit le talent au brio,

Celui qui, sans souci de son propre repos,

À l’image oubliée de ces anciens héros

A bataillé plus fort qu’un vaillant mousquetaire

Pour que ce Festival puisse jaillir de terre :

Je veux parler ici de Thomas Sertillanges.

 

Je crois bien que déjà au sortir de ses langes

Il bredouillait, riant, des vers de Cyrano !

Quand on aime Rostand, il n’est jamais trop tôt.

 

Alors, mes chers amis, nous n’avons pas le choix :

Il nous faut applaudir et d’une même voix

Chanter le grand Rostand présent sur cette Place 

Et Thomas Sertillanges qu’Edmond regarde en face

 

Jean Noël Beverini

***

 

 

Nota du Président de l’AACLEMP :

 

 

Le Président de l’AACLE Marseille-Provence n’a pas figuré sur la liste protocolaire de la mairie de Marseille pour le Festival Edmond Rostand. Il faut reconnaître que Monsieur Légionnaire et ses réseaux ne représentent que … 210 000 membres ! Mais l’AACLEMP a suffisamment « le front haut et l’âme fière » pour dépasser ce manque d’élégance en ne pensant qu’à son investissement au service du Festival et de Rostand. 

 

Rostand justement

 

En 1967-68, après le coup d’État en Grèce, j’étais à Paris, étudiant à la Sorbonne. Je me souviens qu’il nous avait été demandé d’indiquer les raisons pour lesquelles nous venions étudier la civilisation française et de désigner un personnage célèbre représentant à nos yeux l’image de la France. J’avais répondu :

 

-« Edmond Rostand » !

-« Pourquoi ? »

-« S’il ne s’est pas battu au front, il s’est battu pour le front ». (Réponse donnée en anglais ; je commençais les cours de français auprès de l’Alliance française, Boulevard Raspail). 

 

Loin d’imaginer être un jour militaire, j’étais sensible à son action philanthropique pour les soldats en guerre.

 

La poursuite de mes études, la nécessité de travailler pour assurer mes conditions de vie et le paiement de l’enseignement (non gratuit) à la Sorbonne ne me prédisposaient pas à un engagement militaire et encore moins à rejoindre la Légion étrangère. Mais c’était sans compter avec la vision d’un défilé de la Légion, cette grandeur, cette image, cette tenue, ce savoir-faire scandé par les 88 pas par minute et, en surplus, la Musique couronnant le reste ! Je m’engageais.

 

Edmond Rostand devenait bien loin, mais pourtant

 

En 2000, revenant du Pacifique, je reçois comme affectation à Marseille-Aubagne la responsabilité du recrutement-communication pour les 41 départements France Sud, y compris Corse, Monaco et Andorre. J’apprends alors par le général Goupil (mon ancien chef et membre de l’Académie de Marseille) que la tombe du poète se trouve au cimetière Saint-Pierre, qu’il était marseillais de naissance et que son père avait aussi été élu à l’Académie française. Comment se faisait-il qu’Edmond Rostand soit tombé dans l’oubli ? Mon interrogation n’était pas celle des deux généraux Bernard Goupil et Raymond Le Corre venus chez moi partager un café et surtout « rechercher » un président pour l’AALE, devenue depuis l’AACLE Marseille-Provence. 

 

Après deux années de service au bénéfice de l’AALE, j’en acceptais la présidence mais pour un mandat de 3 ans. Trois ans qui ont ensuite été multipliés par un coefficient 6. Venu à Marseille pour 3 ans également et président au départ pour la même durée, me voici résident et président depuis 18 ans ! Il a fallu également 18 ans pour qu’Edmond Rostand revienne dans l’ordre du jour de mes actions bénévoles.

 

 

 

Le retour d’Edmond

 

Je n’attendais, en fait, qu’une action marseillaise pour mettre en valeur l’immensité culturelle de ce poète fragile et malade mais toujours alerte notamment pendant la première guerre mondiale. Nada de Nada ! Les marseillais vaquaient à leurs occupations et les descendants du poète  tardaient à entreprendre une restauration de la tombe. 

 

Selon un proverbe, il n’y a pas de hasard mais seulement des rencontres… Ainsi par l’intermédiaire d’une dame me présentant des parchemins sur la Révolution pour notre Association, j’apprends l’organisation d’un Festival Edmond Rostand et l’existence de son président, un certain Thomas Sertillanges. Un premier contact avec cet ancien comédien et journaliste se solde par l’invitation à « L’envol de la Marseillaise » dans la Cour d’honneur Claude Érignac, le 16 juin 2018. 

 

7 jours avant l’Envol, Thomas Sertillanges m’appelle :

 

-« Il y a peu d’inscriptions ! »

-«  Combien en voulez-vous ? »

 

Une semaine plus tard la Cour Érignac était pleine dont 455 membres du Réseau Monsieur Légionnaire avaient, d’un seul mouvement, répondu « présent ». À Légion, rien d’impossible et en prime une dizaine de porte-drapeaux. Par ailleurs les Anciens Musiciens de la Légion étrangère d'Auriol animait la soirée. Un succès retentissant. Thomas s’inscrit membre de l’AACLEMP et m’invite à actionner à nouveau les Réseaux pour le 30 juin à Paris : 235 membres avec la présence d'une vingtaine de porte-drapeaux de 8 à 92 ans font le déplacement !

 

J’adresse, par ailleurs, à Thomas les « Lettres à Roxane » de Jean Noël Beverini. L’étonnant et superbe partenariat de l’AACLEMP avec le Festival et Thomas Sertillanges va prendre à son tour un nouvel envol. Dans l’enthousiasme et l’amitié. Faut-il regretter que ni la mairie de Marseille, ni la préfecture n’aient pris la mesure de l’implication réelle de Monsieur Légionnaire et de ses réseaux jusqu’à cette journée d’hommage à Edmond Rostand le 30 novembre ?

 

Mais … mon poète préféré

 

Mais mon poète préféré a été mis à l’honneur. La rencontre elle-même entre Jean Noël et Thomas est due à Monsieur Légionnaire, rencontre multipliée avec les centaines d’amis et de correspondants qui suivent en temps réel les activités de Monsieur Légionnaire.

 

Au moment de terminer ces lignes, qui vous disent tout ou presque tout, chers amis, alors que je vis comme vous le savez dans l’avenir, cela ne m’empêche pas de repenser à ce passé, à ma jeunesse en Sorbonne à Paris où je répondais à la question posée par mon professeur :

 

-«  Edmond Rostand ».

 

J’étais loin alors d’imaginer qu’aujourd’hui je signerai ce propos consacré à … Edmond Rostand !

 

Merci à chacune et chacun de vous.

 

Lieutenant colonel (h) Constantin Lianos

Président de l’AACLE Marseille-Provence, de Monsieur Légionnaire et ses réseaux.


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 Texte et photo Jean-Noël BEVERINI et Constantin LIANOS © Monsieur-Légionnaire