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ALFRED VICTOR MARIUS JASSAUD  

Mort pour la France, revient à Marseille

Voici terminé le périple de ce sous-lieutenant des Forces Françaises Combattantes de l’Intérieur, né le 30 janvier 1920 à Marseille et fusillé le 21 août 1944 en Allemagne. Il rejoint ainsi la cohorte des valeureux soldats qui n’ont jamais baissé les bras devant l’envahisseur nazi, ainsi que les innommables citoyens français qui avaient choisi la collaboration avec l’ennemie. 

Alfred Jassaud, était fils de famille bourgeoise de Marseille, sa mère étant propriétaire d’une clinique médicale .IL partagea son adolescence entre le scoutisme et ses études secondaires. Il vouait une grande foi dans la religion catholique. Sa passion était l‘aviation. Muni de son baccalauréat, il s’engage dans l’armée le 28 décembre 1939 pour être incorporé au 108 eme bataillon de l’air à Montpellier.

Le 15 juin 1940 il est affecté à l’escadrille saharienne 591, basée en Algérie où il est nommé caporal-chef, puis démobilisé en septembre 1940. Démobilisé, il fait la connaissance à Toulouse du capitaine d’aviation Cremieux allias «Alligator» résistant du service de renseignement «Alliance», qui le persuade de rentrer dans l’organisation. Il a pour mission de repérer les mouvements des soldats de la Wehrmacht dans les casernes de la Capitale.

 

 

Puis à travers différentes villes du pays, il transporte des documents et des postes de radio, tout en instruisant les nouvelles recrues de la Résistance. Au retour d’une mission de repérage d’un aérodrome dans l’Eure, il est arrêté à Paris, suite à l’infiltration de son poste de commandement, par le service de contre-espionnage allemand. Il est transféré en prison et le 2 mars 1944 et la gestapo de Strasbourg transmet un dossier d’espionnage à son encontre. Le 9 juin, il est condamné à mort avec 23 autres camarades.

Le 21 août, avant d’être fusillé l’on demanda au groupe de préparer une étiquette destinée à renvoyer à leurs parents leurs effets et souvenirs personnels. Tous ces héros reçurent l’assistance d’un prêtre et refusèrent d’avoir les yeux bandés et moururent au peloton d’exécution courageusement en criant « Vive la France». A la libération le réseau «Alliance» en juin 1947 fit rapatrier les corps au cimetière de Strasbourg enfin libéré, et le nom d’Alfred Jassaud fut inscrit au mémorial des scouts Morts pour la France.

C’est aujourd’hui enfin que les cendres de ce martyr viennent d’être inhumées à Marseille son lieu de naissance, au carré Numéro huit, où repose les soldats de la France en présence des membres de sa famille, des hautes autorités institutionnelles de la ville, du département et en présence notamment du Colonel Patrick Mabrier, Chef d’Etat-major Régional de la gendarmerie.

Assistaient aussi de nombreuses associations des trois armes, d’anciens Combattants et Résistants sous la houlette de La Mémoire Vive de la Résistance, du vice-président National de l’Union Gaulliste de France, du Lieutenant-colonel (er) Constantin Lianos président  de l’Amicale des Anciens Combattants de la légion Etrangère et de  23 porte-drapeau, sous la direction de Jean Pierre Scalés.

En précisant toutefois que Bernard Cricuolo, et Patrick Mounier responsables  du Souvenir Français de Marseille, auront eu l’honneur d’avoir œuvré totalement à la réalisation de ce transfert des cendres, avec une procédure qui dura près de trois ans. Le Souvenir Français sait conserver la fidélité aux Morts pour la France.

Marcel CHAPAPRIA

© Texte et photos : Marcel CHAPAPRIA

Biographie de ALFRED VICTOR MARIUS JASSAUD

Alfred JASSAUD sous lieutenant dans les Forces Françaises Combattantes de l'Intérieur (FFCI)

Né le 30 janvier 1920 à Marseille, fusillé le 21 août 1944 à Heilbronn (Bade-Wurtemberg, Allemagne).
Alfred JASSAUD fils de famille bourgeoise de Marseille, sa mère était propriétaire d'une clinique médicale. Son adolescence sera partagée entre ses études secondaires et le scoutisme, il vouait une grande foi dans la religion catholique. Son amour pour Dieu et sa passion pour l'aviation seront son dilemme, la guerre va décider pour lui

Il obtient son baccalauréat à Marseille, présente le concours de pilote de l'armée de l'air mais n’est pas reçu. Il s'engage dans l'armée le 26 décembre 1939, est incorporées au bataillon de l'air 108 à Montpellier, et part à l'école des mitrailleurs  à Blida (Algérie) le 5 janvier 1940. Il est nommé caporal-chef le 3 mars 1940. Puis,  le 15 juin 1940 est affecté à l'escadrille saharienne 591 basée à Ouargla en Algérie jusqu’à sa démobilisation en septembre 1940.

Démobilisé, il fait connaissance à Toulouse du capitaine d’aviation CREMIEUX alias "Alligator" du Service de Renseignement "Alliance" qui le persuade d’entrer dans l’organisation, il incorpore le réseau le 1er janvier 1941 (homologué le 1 février 1941).

Il monte à Paris en octobre 1942 pour y rencontrer le chef de la zone. Il rencontre Michel GAVEAU alias «Tatou»,  un ancien officier interprète français formé par les services anglais. Celui ci va le former aux fins de connaitre uniformes, armes, grades, unités d'appartenance des soldats de la Wehrmacht et lui confier des missions de repérage sur les casernes de la capitale. Admis dans l'organisation «Alliance», sous le nom de Robert DARSAC désormais «Bison», il bénéficie de faux papiers.

L'ayant repéré pour ses compétences, l'organisation le charge de la formation des nouveaux agents, une quinzaine au total. Pour cela il effectue de nombreux voyages à Lille, Vichy, Marseille, Saint Die, transportant documents et postes de radio à diverses occasions. De mars à juillet 1943 il se rend au Havre, à Caen, Granville, Saint Lo, Lisieux, Flers, Vire et devient l'agent principal de renseignement de la zone Normandie. De toutes les villes, il rapporte des plans et des informations sur les unités présentes, les fortifications, les terrains d'aviation et les systèmes de défense mis sur pied sur les plages et dans les falaises.

En août de la même année il s'installe rue Duban à Paris, mais effectue des allers-retours quasi hebdomadaires à Lille.

Au retour d'une mission de repérage d'un aérodrome dans l'Eure il est arrêté à Paris le 17 septembre 1943, suite à l’infiltration du PC parisien par le service de contre-espionnage allemand.  Sa fausse carte d’identité (Robert DARSAC) et des cartes d’alimentation furent découvertes dans les doublures de sa veste. Ceci va sceller son sort, mais la police allemande ne réussit pas à établir sa véritable identité.

Il fut déporté sous le nom de Robert DARSAC par le convoi du 16 décembre 1943 au départ de Compiègne à destination de l’Allemagne. Il fut transféré à la prison de Kehl-Am-Rhein puis à celle de Freiburg-Im-Breisgau (Bade-Wurtemberg).

Le 2 mars 1944, la Gestapo de Strasbourg transmet un dossier d’accusation d’espionnage concernant outre Robert DARSAC, Jean SNEYERS, Marcel FONTENAILLE et Félix JACQUET, au Tribunal de guerre du Reich qui dissocia les dossiers. La procédure "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard) fut appliquée et Alfred JASSAUD "DARSAC" fut jugé le 9 juin 1944 par le 3e Chambre du Tribunal de guerre, présidée par le juge Karl SCHMAUSER qui le condamna à mort pour espionnage au profit d’une puissance ennemie. Alfred JASSAUD fut interné à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg), dans une cellule individuelle. Le jugement fut confirmé le 26 juin par l’amiral Max BASTIAN, président du Tribunal, et la grâce du Führer refusée le 17 juillet 1944.

Le 18 août, le directeur de la prison fit le tour des cellules pour prévenir les détenus qu’ils allaient être transférés dans la nuit du 20 au 21 août et que leurs affaires personnelles devaient rester sur place. Ils durent remplir une étiquette indiquant leur adresse en France pour les y envoyer.

Alfred JASSAUD et 23 autres codétenus furent conduits en camionnette par groupes de huit, le 21 août à l’aube, à la caserne Schlieffen, à Heilbronn (Bade-Wurtemberg)  au champ de tir de Heilbronn. Ils reçurent l’assistance d’un prêtre, refusèrent d’avoir les yeux bandés, et moururent courageusement en criant "Vive la France".

Furent fusillés :

BOYAT Jean

 

DELIRY Pierre

RIVIERE Gabriel

 

LEMOIGNE Joël

POULARD Julien

 

LEBRE René

RAMON Gabriel

 

CAPRAIS Jean Marie

BONNETAIN Jacques

 

PORTENAR Jean

RISS André

 

DALLAS Pierre

TRUMEL Marcel

 

de VILLENEUVE Alain

SNEGERS Jean Philippe

 

SIEGRIOT Ernest

de FOUGEROLLES Yves

 

BERNARD Marc

LEFEBVRE Philippe

 

HERMER Raymond

DELAGNOLO Ferdinand

 

de VILLENEUVE Yves

LEMAITRE Pierre

 

JASSAUD Alfred

Ils furent inhumés dans le cimetière de Sonthein-Neckar et leur dernier vœu fut celui d’être enterrés en France. Celui-ci fut exaucé par le réseau "Alliance" qui rapatriera les corps en juin 1947, à Strasbourg.

Alfred JASSAUD obtint la mention "Mort pour la France" et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 7 juillet 1994.

Son nom figure sur le mémorial national des scouts Morts pour la France, à Liévin (Pas-de-Calais).

Alfred JASSAUD repose aujourd’hui au cimetière Saint Pierre de Marseille (Bouches-du-Rhône), dans une tombe familiale. 

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